Le Rapporteur spécial de l’ONU appelle la Thaïlande et le Cambodge à œuvrer ensemble pour permettre à près de 20 000 Cambodgiens déplacés de rentrer chez eux
AKP Phnom Penh, le 1er octobre 2026 --
Le Rapporteur spécial de l’ONU sur la situation des droits de l’homme au Cambodge a appelé les gouvernements thaïlandais et cambodgien à œuvrer de manière constructive et de bonne foi afin d’apaiser les tensions, de protéger les droits de l’homme de toutes les personnes touchées par le conflit et de permettre aux personnes déplacées de rentrer volontairement, en toute sécurité et dans la dignité.
Cet appel a été lancé par Thom H. Andrews dans son dernier rapport soumis au Conseil des droits de l’homme de l’ONU, qui aborde des questions relatives aux droits de l’homme au Cambodge, notamment les répercussions du conflit frontalier entre le Cambodge et la Thaïlande.
Concernant la situation à la frontière, le Rapporteur spécial a appelé le Cambodge et la Thaïlande à respecter les droits de l’homme et à mettre pleinement en œuvre le Communiqué conjoint du Comité général des frontières (GBC) entre le Cambodge et la Thaïlande, publiée le 27 décembre 2025.
D’après le rapport, M. Andrews a reçu des informations de plusieurs hauts responsables cambodgiens, notamment du président du Sénat et du Premier ministre, ainsi que des autorités locales et du gouverneur de la province de Banteay Meanchey. Il a également échangé avec le gouvernement thaïlandais au sujet des répercussions du conflit sur les droits de l’homme.
Le rapport indique que, malgré les aides en espèces, les distributions de nourriture et d’autres programmes de soutien fournis par le gouvernement et les organisations non gouvernementales, la situation des civils cambodgiens déplacés de force demeurait grave. Nombre d’entre eux ont fui avec seulement les biens qu’ils pouvaient transporter à la main ou à moto, laissant derrière eux leurs propriétés et leurs moyens de subsistance.
Le Rapporteur spécial a noté que nombre des personnes toujours déplacées provenaient de villages et de communautés situés directement le long de la frontière. Beaucoup dépendaient du commerce transfrontalier ou d’emplois en Thaïlande pour leurs moyens de subsistance et ne parvenaient pas à trouver d’autres emplois. Les personnes déplacées ont aussi fait état de difficultés à assurer la nourriture et les vêtements de leurs familles et se sont inquiétées de leur capacité à subvenir à leurs besoins au cours des prochains mois.
En septembre, plus de 18 000 civils cambodgiens étaient toujours dans l’impossibilité de rentrer chez eux, selon le rapport. M. Andrews a aussi visité un important site d’accueil des personnes déplacées dans la province de Banteay Meanchey, établi par le gouvernement royal du Cambodge, où séjournaient plus de 13 000 personnes dans quelque 3 300 maisons construites sur des parcelles de 20m sur 30, pouvant également être utilisées pour de petites activités agricoles ou commerciales.
Le rapport ajoute que des images satellitaires accessibles au public montraient la destruction de centaines de maisons et de structures civiles dans des zones actuellement sous le contrôle des forces thaïlandaises.
M. Andrews a souligné que le droit international humanitaire prévoyait clairement que les personnes déplacées ont le droit de retourner dans leurs foyers dès lors que les circonstances ayant entraîné leur déplacement n’existent plus.
Le Rapporteur spécial s’est rendu au Cambodge en juillet 2026 et a déclaré avoir directement constaté les répercussions du conflit frontalier, notamment l’installation de conteneurs et de barbelés qui empêchaient les civils cambodgiens de regagner leurs foyers.
Avant de quitter le Cambodge, M. Andrews avait déclaré lors d’une conférence de presse qu’en vertu du droit international, les civils déplacés par un conflit armé avaient pleinement le droit de retourner dans leurs foyers d’origine. Il a relevé que l’accord de cessez-le-feu du 27 décembre entre le Cambodge et la Thaïlande prévoyait explicitement que les civils devaient être autorisés à regagner en toute sécurité et sans entrave leurs foyers et leurs moyens de subsistance.




Par C. Nika





