La Thaïlande utilise le recours du Cambodge à l’UNCLOS comme prétexte pour suspendre les réunions de la JBC, selon le premier vice-président du Sénat
AKP Phnom Penh, le 08 juillet 2026 -- Le Cambodge a indiqué, lors de la Réunion du Bureau de l’Assemblée parlementaire de la Francophonie (APF), que la Thaïlande avait utilisé le recours du Cambodge aux procédures de règlement des différends prévues par la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer (UNCLOS) comme prétexte pour suspendre les réunions de la Commission mixte frontalières (JBC) entre les deux pays.
S’exprimant le 7 juillet à Yaoundé, au Cameroun, Ouch Borith, premier vice-président du Sénat, président de la Section cambodgienne de l’APF et vice-président de l’APF, a déclaré que le Cambodge avait exercé son droit, en vertu de l’UNCLOS, de recourir à la procédure de conciliation obligatoire, conformément à ses obligations internationales, afin de garantir un règlement pacifique et conforme au droit des différends.
Il a toutefois indiqué que la Thaïlande avait invoqué cette initiative comme justification pour suspendre les réunions de la JBC, alors que cette commission constitue, selon lui, un mécanisme bilatéral purement technique qui ne devrait pas être lié à des considérations politiques.
Ouch Borith a ajouté que, malgré les demandes répétées du Cambodge visant à convoquer la commission, ses travaux n’avaient toujours pas repris, ce qui compromettait la coopération bilatérale et la confiance mutuelle, tout en favorisant la création d’un fait accompli, contraire aux principes du règlement pacifique des différends et du respect du droit international.
Il a également souligné que le retrait unilatéral de la Thaïlande du Mémorandum d’entente de 2001 (MoU-2001) sur les revendications maritimes qui se chevauchent avait mis fin à un cadre bilatéral qui avait permis, pendant plus de 25 ans, un dialogue constructif sur cette question sensible.
Le premier vice-président du Sénat a réaffirmé que le Cambodge demeurait attaché au règlement des différends dans le respect de l’État de droit, du dialogue et des mécanismes multilatéraux, estimant que le respect du droit international constitue la meilleure garantie d’une paix durable et de bonnes relations de voisinage.
Il s’est enfin déclaré convaincu que le soutien continu de la communauté internationale et de la famille parlementaire francophone aux principes de souveraineté, d’intégrité territoriale, de non-recours à la force, de mise en œuvre de bonne foi des accords et de règlement pacifique des différends contribuera à préserver la stabilité régionale, la confiance entre les États et la crédibilité de l’ordre juridique international.

Par C. Nika





