Le président du CHRC informe le HCDH des tentatives de la Thaïlande d'imposer le fait accompli sur le territoire souverain cambodgien
AKP Phnom Penh, le 08 juillet 2026 --
Le président du Comité cambodgien des droits de l’homme (CHRC), Keo Rémy, a informé la représentante du Bureau du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (HCDH) au Cambodge des tentatives de la Thaïlande de créer un fait accompli sur le territoire cambodgien par la poursuite de ses activités le long de la frontière entre les deux pays.
Cette question a été abordée lors d’une réunion avec Mme Matilda Bogner, représentante du HCDH au Cambodge, tenue le 7 juillet au siège du CHRC à Phnom Penh.
Selon Keo Rémy, la Thaïlande chercherait à modifier la situation sur le terrain en détruisant des habitations de civils cambodgiens, en construisant de nouvelles infrastructures dans des zones occupées illégalement, en maintenant une présence illégale et en s’appropriant des biens appartenant à des citoyens cambodgiens.
Le président du CHRC a également évoqué d’autres violations présumées commises par la Thaïlande, notamment des actes de discrimination, d’intimidation et de violence à l’encontre de travailleurs migrants cambodgiens vivant en Thaïlande. Il a par ailleurs fait état du viol d’une travailleuse migrante cambodgienne par des militaires thaïlandais alors qu’elle rentrait de Thaïlande vers le Cambodge.
Keo Rémy a en outre affirmé que les forces thaïlandaises avaient mené des attaques indiscriminées à l’intérieur du territoire cambodgien au moyen d’armes lourdes, de bombes à sous-munitions, de fumées toxiques et d’avions de combat F-16, Gripen et T-50, causant des dommages à des biens publics et privés, notamment au Temple de Preah Vihear, inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO, et entraînant le déplacement de plus de 640 000 personnes.
Il a ajouté que, malgré l’accord de cessez-le-feu conclu le 27 décembre 2025, plus de 20 000 Cambodgiens déplacés, en majorité des femmes et des enfants, ne pouvaient toujours pas regagner leurs foyers à cause de la présence continue des forces thaïlandaises dans les zones contestées, de l’installation de barbelés et de conteneurs, ainsi que de la destruction d’habitations civiles.

Par C. Nika





