Éditorial : Le Sommet de la Francophonie au Cambodge, une plateforme permettant aux dirigeants mondiaux de relever les défis mondiaux
AKP Phnom Penh, le 25 octobre 2026 --
À une vingtaine de jours de l’ouverture du XXe Sommet de la Francophonie et de la 48e session de la Conférence ministérielle de la Francophonie (CMF), que le Cambodge accueillera à Phnom Penh, le Royaume se prépare à accueillir des dirigeants du monde entier pour discuter des défis mondiaux et rechercher des solutions communes.
Prévu les 15 et 16 novembre 2026, le XXe Sommet de la Francophonie marquera une étape historique pour le Cambodge, qui accueillera pour la première fois ce grand rendez-vous international. Placé sous le thème « Réinvestir dans la paix pour une prospérité partagée et une stabilité durable », le Sommet réunira les dirigeants des pays francophones afin d’examiner les questions de coopération internationale, de multilatéralisme et de développement durable.
Plusieurs événements majeurs accompagneront le Sommet, offrant des occasions de renforcer les liens culturels, de promouvoir l’innovation et d’élargir la coopération économique entre les pays francophones et leurs partenaires.
Le Village de la Francophonie, prévu du 13 au 17 novembre dans le parc public devant la pagode Botum Watey, se tiendra sous le thème « Le sourire khmer sera le sourire de la Francophonie ». Cet événement de cinq jours mettra en valeur les arts et la culture du Cambodge, ainsi que sa coopération avec les pays francophones, à travers des pavillons nationaux, des expositions, des stands de restauration et des spectacles culturels quotidiens. Des dialogues et des séminaires porteront également sur des questions essentielles, notamment le tourisme, l’éducation, la jeunesse, l’égalité des genres, la paix et la préservation du patrimoine culturel.
Un autre événement majeur, FrancoTech, se déroulera du 14 au 16 novembre sous le thème « Une communauté francophone, un avenir numérique ». Il réunira des acteurs de l’ensemble de l’espace francophone afin d’encourager les échanges économiques, de promouvoir les avancées technologiques et de mettre en valeur l’excellence entrepreneuriale.
La sixième édition du Forum des entrepreneurs francophones (REF), également prévue du 14 au 16 novembre, visera à renforcer les relations économiques, à encourager les investissements et à élargir la coopération commerciale entre les milieux d’affaires des pays francophones et ceux des États membres de l’ASEAN.
Ensemble, ces rencontres offriront au Cambodge une occasion importante d’approfondir ses partenariats internationaux, en particulier avec les pays francophones, tout en faisant connaître au public mondial le développement du Royaume et la richesse de son patrimoine culturel.
La participation du Cambodge à la communauté francophone s’enracine dans son histoire. La France a établi un protectorat sur le Cambodge le 11 août 1863, sous le règne du Roi Norodom I. Le Cambodge a recouvré sa pleine indépendance le 9 novembre 1953, sous la direction de feu Sa Majesté le Roi Samdech Preah Norodom Sihanouk.
Durant la période du protectorat, le français était largement utilisé dans la société cambodgienne, notamment dans la communication, l’éducation, le droit et la coopération. Aujourd’hui, environ 1 400 mots d’origine française subsistent dans le vocabulaire khmer courant, notamment des termes désignant la radio, le téléphone, l’antenne et d’autres objets d’usage quotidien.
La convention et le traité franco-siamois de 1904 et de 1907 constituent aussi un chapitre important de l’histoire du Cambodge. Ils ont établi de nouvelles frontières et décidé des échanges territoriaux entre les autorités françaises du Protectorat agissant pour le compte du Cambodge et le royaume de Siam. Le gouvernement royal du Cambodge continue de se référer à ces instruments comme à un fondement essentiel pour traiter les questions frontalières actuelles avec la Thaïlande.
Bien que l’anglais occupe une place de plus en plus importante sous l’effet des tendances mondiales, le français conserve une présence significative au Cambodge, notamment dans les secteurs de la santé, du droit et des forces armées. On estime à 463 000 le nombre de personnes parlant français au Cambodge, soit environ 3% de la population.
L’enseignement du français se poursuit dans plusieurs établissements, notamment au Département d’études francophones de l’Université royale de Phnom Penh et à l’Institut français, ainsi que dans d’autres établissements d’enseignement supérieur et dans le cadre de programmes bilingues proposés par des établissements secondaires. Ces institutions contribuent à former de jeunes Cambodgiens désireux d’apprendre et d’utiliser cette langue.
À l’échelle mondiale, environ 396 millions de personnes utilisent le français, ce qui en fait la quatrième langue la plus utilisée au monde, après l’anglais, le mandarin et l’espagnol, selon le rapport 2026 de l’Organisation internationale de la Francophonie.
Les quatre grandes missions de la Francophonie consistent à promouvoir la langue française, les cultures et la diversité linguistique ; à faire progresser la paix, la démocratie et les droits de l’homme ; à soutenir l’éducation, la formation, l’enseignement supérieur et la recherche ; et à développer la coopération en faveur du développement durable.
L’accueil du XXe Sommet de la Francophonie représente donc bien plus qu’une responsabilité diplomatique. Il témoigne de l’engagement du Cambodge en faveur de la coopération internationale et du multilatéralisme, tout en mettant en lumière l’héritage de feu Sa Majesté le Roi Samdech Preah Norodom Sihanouk, qui comptait parmi les figures fondatrices de l’organisation de la Francophonie.
Sa Majesté le Roi Norodom Sihamoni devrait présider la cérémonie officielle d’ouverture du Sommet le 15 novembre, en présence de chefs d’État et de gouvernement ainsi que d’autres dirigeants de pays francophones. Le président français, Emmanuel Macron, est également attendu à cet événement.
Cette rencontre suscitera une attention particulière, alors que la France, signataire de la convention et du traité franco-siamois, se joindra aux autres dirigeants internationaux au Cambodge, tandis que les tensions à la frontière entre le Cambodge et la Thaïlande demeurent irrésolues et les forces thaïlandaises continuent d’occuper illégalement certaines parties de son territoire.
Un autre événement important organisé pendant la période du Sommet sera l’inauguration royale du Temple de Mebon de l’Ouest, sous la présidence de Sa Majesté le Roi et du Président Emmanuel Macron.
Situé sur une île au centre du Baray occidental, dans la province de Siem Reap, le Temple de Mebon de l’Ouest a été construit sous le règne du Roi Udayadityavarman II, entre 1049 et 1066. Consacré à l’hindouisme, il était associé à une grande statue en bronze de Vishnou couché.
Le temple a fait l’objet d’importants travaux de restauration dans le cadre d’un projet khméro-français lancé en 2012 et dont l’achèvement est prévu en octobre 2026. Son inauguration mettra en lumière les liens culturels durables entre le Cambodge et la France, ainsi que l’importance de préserver le patrimoine historique du Cambodge.
Le XXe Sommet de la Francophonie et la 48e session de la Conférence ministérielle de la Francophonie ouvriront de nouvelles perspectives au Royaume pour renforcer son engagement international, approfondir sa coopération avec les pays francophones et réaffirmer son attachement à la paix, au développement durable et au multilatéralisme.
En tant que pays hôte et président du Sommet, le Cambodge se prépare à assurer le succès de cette rencontre et accueille chaleureusement les membres de la communauté francophone, les invitant à découvrir l’hospitalité du Royaume, à constater son développement et à prendre connaissance de son engagement constant en faveur de la paix et de la coopération internationale.

Par AKP





