Le Premier ministre fixe des conditions aux discussions sur les preuves frontalières avec Um Sam An
AKP Phnom Penh, le 21 octobre 2026 --
Le Premier ministre, Samdech Moha Borvor Thipadei Hun Manet, a défini les conditions des discussions proposées avec l’homme politique de l’opposition, Um Sam An, et son équipe d’experts frontaliers, afin d’examiner les documents et les preuves concernant la frontière entre le Cambodge et la Thaïlande, entre les bornes frontalières No. 52 et 59.
Cette initiative fait suite à la réponse positive d’Um Sam An à l’invitation de présenter les preuves à l’appui de ses accusations contre le gouvernement royal.
Dans un message publié mercredi sur ses réseaux sociaux, le Premier ministre cambodgien a salué la réponse d’Um Sam An à son invitation à apporter tous les documents et éléments de preuve pertinents afin d’en discuter avec l’équipe d’experts du Secrétariat d’État aux Affaires frontalières du Cambodge. Ces discussions visent à examiner ses accusations selon lesquelles le gouvernement royal aurait cédé à la Thaïlande du territoire cambodgien dans cette zone.
Samdech Thipadei a relevé que la position d’Um Sam An avait changé à plusieurs reprises au cours des deux dernières semaines. Il a indiqué qu’il avait successivement exprimé des inquiétudes concernant sa venue au Cambodge pour des raisons de sécurité, demandé une grâce, puis déclaré qu’il viendrait sans en bénéficier. Il avait également affirmé disposer de preuves suffisantes avant d’indiquer par la suite qu’il ne possédait pas de documents clairs. Il avait en outre formulé différentes conditions concernant la participation d’experts frontaliers français et la portée des discussions proposées.
Samdech Thipadei Hun Manet a souligné que sa position était restée constante depuis le début : Um Sam An et son équipe devaient apporter les documents et les preuves concernant la frontière entre les bornes No. 52 et 59, en particulier les emplacements où ils affirment que l’équipe gouvernementale chargée des frontières a installé des bornes à l’intérieur du territoire cambodgien, entraînant ainsi une perte de territoire au profit de la Thaïlande.
Afin de clarifier les modalités et de faciliter les discussions, le Premier ministre a énoncé quatre conditions.
Premièrement, les discussions doivent porter exclusivement sur la frontière entre le Cambodge et la Thaïlande, entre les bornes No. 52 et 59, et s’appuyer sur une expertise technique, des documents et des preuves concrètes. Um Sam An doit constituer une équipe d’experts clairement identifiés et possédant des connaissances en matière de délimitation frontalière, ainsi que préparer tous les documents pertinents en vue de leur vérification sur les sites concernés, à l’intérieur du territoire cambodgien.
Deuxièmement, Um Sam An et son équipe doivent limiter leurs activités au Cambodge aux discussions techniques et à la vérification des preuves avec l’équipe chargée des frontières du gouvernement royal. Ils ne doivent pas profiter de cette visite pour mener des activités politiques, que ce soit publiquement ou en privé.
Troisièmement, les discussions pourront avoir lieu à tout moment après le 28 novembre 2026. Le message explique qu’avant cette date, le gouvernement royal sera occupé par les préparatifs du Sommet de la Francophonie, que le Cambodge accueillera, ainsi que par sa participation à la troisième réunion de la Commission de conciliation établie dans le cadre de la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer (UNICLOS/CNUDM), entre le Cambodge et la Thaïlande.
Quatrièmement, Um Sam An et son équipe ne pourront arriver au Cambodge plus de deux jours avant le début des discussions et devront quitter le pays au plus tard deux jours après la fin du processus de vérification.
Le Premier ministre a souligné que les garanties fournies par le gouvernement royal s’appliquaient exclusivement à la visite destinée aux discussions et à la vérification concernant la frontière entre les bornes No. 52 et 59, et uniquement pendant la période spécifiée.
Si Um Sam An accepte ces conditions, il est invité à confirmer la composition de sa délégation ainsi que la date prévue de son arrivée. Il lui est aussi demandé de préciser l’aide que le gouvernement royal pourrait lui apporter, notamment en matière d’hébergement, de transport et de sécurité, afin de permettre la mise en place des préparatifs nécessaires.

Par C. Nika





