Le Cambodge démantèle 624 sites d’escroqueries en ligne et affirme qu’aucun complexe ne subsiste
AKP Phnom Penh, le 28 août 2026 --
Le Cambodge a démantelé les opérations d’escroquerie en ligne à grande échelle à travers le pays, avec plus de 700 sites suspects inspectés et aucun complexe d’escroquerie actuellement en activité, a déclaré Chhay Sinarith, ministre d’État chargé d’une mission spéciale et chef du Secrétariat de la Commission ad hoc de lutte contre les escroqueries en ligne (CCOS).
Il s’exprimait lors d’une séance d’information sur la campagne nationale de lutte contre les escroqueries en ligne, organisée le 27 août au ministère des Affaires étrangères et de la Coopération internationale en présence de près de 50 représentants des missions diplomatiques étrangères et des organisations internationales au Cambodge.
D’après Chhay Sinarith, entre juillet 2025 et le 20 août 2026, les forces spécialisées ont enquêté et inspecté 793 sites suspects, dont 624 ont fait l’objet d’opérations de démantèlement. Près de 30 000 suspects de 39 nationalités ont été interpellés, tandis que des éléments de preuve ont également été recueillis dans 169 autres sites abandonnés par leurs responsables avant l’arrivée des forces de l’ordre.
Dans le cadre des mesures prises contre les auteurs, les autorités cambodgiennes ont secouru et expulsé 58 266 ressortissants étrangers, dont 7 282 femmes. Parmi eux, 22 045 personnes de 38 nationalités ont été identifiées comme étant directement impliquées dans des opérations d’escroquerie en ligne.
Les autorités ont engagé des poursuites dans 408 affaires transmises aux tribunaux. À la suite des procédures judiciaires, 3 477 suspects de 29 nationalités ont été arrêtés et placés en détention provisoire, tandis que 855 autres suspects font toujours l’objet de mandats d’arrêt.
Chhay Sinarith a souligné que le Cambodge avait maîtrisé les opérations d’escroquerie en ligne à grande échelle et qu’aucun complexe de ce type ne subsistait actuellement dans le pays. Des mesures judiciaires strictes ont également été prises contre des responsables publics reconnus impliqués ou complices. L’Unité anticorruption (ACU) a notamment traité quatre affaires et arrêté 15 hauts responsables et agents chargés de l’application de la loi.
Le ministre d’État a toutefois indiqué que les réseaux criminels avaient adapté leurs méthodes après le démantèlement des grands complexes, certains groupes se tournant vers des opérations plus petites et décentralisées dissimulées dans des maisons d’hôtes, des condominiums, des logements loués, des véhicules ou des cafés. Les autorités poursuivent donc leurs enquêtes et leurs opérations contre ces activités, tandis que la Commission de gestion des jeux commerciaux du Cambodge (CGMC) a pris des mesures contre 27 casinos, révoquant 18 licences et suspendant neuf autres.
Parallèlement aux mesures répressives, le Cambodge renforce son cadre juridique afin de prévenir la résurgence des escroqueries en ligne. Le gouvernement accélère notamment l’élaboration des projets de loi sur la cybersécurité et la cybercriminalité, ainsi que des réglementations relatives aux actifs virtuels, en complément de la mise en œuvre de la Loi sur la lutte contre les escroqueries en ligne.
Chhay Sinarith a enfin annoncé que le Cambodge accueillera les 23 et 24 septembre 2026 la Conférence internationale sur la lutte contre les escroqueries en ligne, sous le thème « Agir ensemble pour briser la chaîne et éradiquer les escroqueries en ligne ». Il a appelé à une participation active des partenaires internationaux, soulignant que cette forme de criminalité complexe exige une coopération concrète aux niveaux régional et mondial.


Par C. Nika





