Le Vietnam appelé à choisir une voie adaptée dans les technologies quantiques
AKP Phnom Penh, le 13 octobre 2026–
Le Vietnam doit définir clairement ses objectifs d’investissement, privilégier la formation de personnel qualifié et développer les technologies fondamentales, plutôt que de réduire les technologies quantiques à la fabrication d’ordinateurs quantiques.
C’est ce qu’a estimé le professeur Shigeki Takeuchi, de l’Université de Kyoto (Japon), évoquant l’expérience japonaise et les perspectives de coopération entre les deux pays.
Selon lui, les capteurs quantiques pourraient constituer un premier axe de coopération adapté au Vietnam, grâce à leurs nombreuses applications civiles et à des coûts d’investissement généralement inférieurs à ceux de l’informatique quantique.
Le Japon accorde de l’importance à trois domaines : l’informatique quantique, les communications quantiques et les capteurs quantiques. Il adapte toutefois son soutien aux coûts de recherche, au degré de maturité des technologies et à leurs perspectives d’application.
L’informatique quantique nécessite des investissements considérables dans la fabrication des équipements, les systèmes de refroidissement et la recherche à long terme. La mise au point d’ordinateurs quantiques capables de résoudre des problèmes hors de portée des ordinateurs actuels reste néanmoins un défi, tandis que les applications apportant des bénéfices concrets à la société ne sont pas encore largement déployées.
Les capteurs quantiques offrent, quant à eux, de nombreuses possibilités, allant des dispositifs utilisant des atomes ou des matériaux à base de diamant aux horloges optiques de très haute précision et aux systèmes de mesure des ondes gravitationnelles. Certaines applications sont déjà utilisées dans la pratique, et le développement de ces équipements coûte généralement moins cher que celui des ordinateurs quantiques.
Dans le domaine des communications quantiques, la distribution quantique de clés (QKD) a déjà donné lieu à des produits commerciaux et a été testée dans des réseaux reliant plusieurs sites. Le Japon a notamment développé le réseau Tokyo QKD à des fins de recherche et poursuit l’amélioration de cette technologie. Toutefois, la mise au point de répéteurs quantiques reste confrontée à des difficultés techniques.
Selon le professeur Shigeki Takeuchi, le Vietnam doit définir ses priorités en fonction d’objectifs précis. Il doit notamment se doter d’experts capables d’évaluer les technologies et de définir des priorités adaptées à ses besoins, plutôt que de suivre uniquement les secteurs attirant le plus d’investissements. L’essentiel est de déterminer clairement si l’investissement vise à former des spécialistes, à répondre à des besoins concrets de la société ou à préparer les capacités technologiques de demain.
Concernant la coopération entre le Vietnam et le Japon, les capteurs quantiques pourraient constituer un point de départ favorable. Les communications quantiques et l’informatique quantique pourraient également être envisagées, notamment si le Vietnam souhaite accéder à des équipements et former des ingénieurs et des chercheurs.
Reconnaissant ne pas connaître précisément la situation de la recherche et de la formation dans le domaine quantique au Vietnam, le professeur Shigeki Takeuchi a estimé que les experts vietnamiens devaient eux-mêmes déterminer les compétences dont le pays a besoin.
Il a enfin souligné le rôle des chercheurs vietnamiens formés dans des laboratoires de premier plan au Japon, aux États-Unis et en Europe, qui peuvent mettre leur expérience internationale au service d’un développement technologique adapté aux besoins et aux intérêts du Vietnam.

AKP-VNA



