Le public appelé à se concentrer sur les arguments juridiques et les solutions dans le différend maritime entre le Cambodge et la Thaïlande
AKP Phnom Penh, le 15 septembre 2026 --
Le ministre cambodgien de l’Information, Neth Pheaktra, a appelé le public à se concentrer sur les arguments juridiques, les faits et les solutions concrètes présentés par le Cambodge et la Thaïlande, plutôt que sur le nombre d’accusations échangées lors de la première réunion de la Commission de conciliation établie au titre de la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer (CNUDM).
Dans un message publié mardi soir sur Facebook, Neth Pheaktra a indiqué que la déclaration liminaire de la Thaïlande avait soulevé diverses questions liées au différend frontalier terrestre, aux incidents militaires et à d’autres questions politiques qui ne relèvent pas du cœur du processus de conciliation.
Il a souligné que la Commission n’avait pas été établie pour déterminer quelle partie pouvait formuler le plus d’accusations, mais pour aider les deux pays à trouver une solution pacifique et applicable à leur impasse de longue date concernant la frontière maritime.
Le ministre a indiqué que le Cambodge avait présenté une position claire et axée sur les solutions, en mettant sur la table trois voies concrètes.
Premièrement, le Cambodge souhaite conclure avec la Thaïlande un traité, avec l’assistance de la Commission et conformément au droit international, établissant une frontière maritime unique et complète entre les deux pays.
Deuxièmement, à titre d’alternative, le Cambodge est prêt à conclure un accord sur le développement conjoint et le partage équitable des ressources entre les deux États, dans l’attente d’un accord définitif sur la frontière maritime.
Troisièmement, si aucun accord définitif sur la frontière maritime ni aucun accord sur le développement conjoint ne peut être conclu, le Cambodge demande à la Commission d’élaborer un rapport contenant des recommandations à l’intention des deux parties. Ces recommandations pourraient servir de base à de futures négociations, conformément à leurs obligations au titre de la CNUDM.
Neth Pheaktra a déclaré que les accusations et la rhétorique politique pouvaient faire les gros titres, mais ne pouvaient ni délimiter une frontière maritime ni résoudre une impasse qui perdure depuis des décennies.
Il a appelé le public cambodgien à examiner quelle partie avait présenté des arguments pertinents au regard des questions soumises à la Commission, fondé sa position sur le droit international et proposé des voies concrètes vers une solution.
« Ne comptez pas les accusations ; pesez les arguments. Ne demandez pas qui parle le plus fort ; demandez qui dispose du fondement juridique le plus solide et de la voie la plus claire vers une solution », a-t-il dit.
Le ministre a souligné que le Cambodge n’avait pas besoin de répondre à chacune des accusations formulées par la Thaïlande, faisant remarquer que la communauté internationale, les médias internationaux et les observateurs avaient accès aux documents pertinents, aux éléments de preuve et aux développements et pouvaient procéder à leurs propres évaluations.
Il a appelé le Cambodge à maintenir le calme et la discipline dans sa communication, à rester concentré sur le processus juridique et à continuer de présenter les faits, de défendre le droit international et de promouvoir des solutions pratiques.
« Ne pas répondre à chaque accusation n’est pas un signe de faiblesse », a affirmé Neth Pheaktra, estimant qu’il s’agissait plutôt d’une démonstration de confiance dans les faits, les arguments du Cambodge et le processus juridique.
Il a conclu que la question essentielle après les propositions du Cambodge était de savoir quelle solution concrète et applicable la Thaïlande était prête à mettre sur la table afin d’aider les deux pays à sortir de leur impasse concernant la frontière maritime.


Par C. Nika





