Prak Sokhonn : Le Cambodge recherche un règlement pacifique de la question de la frontière maritime par la conciliation au titre de la CNUDM
AKP Phnom Penh, le 15 septembre 2026 --
Le Cambodge a réaffirmé son engagement à régler pacifiquement son différend frontalier maritime avec la Thaïlande, conformément au droit international, a déclaré aujourd’hui Prak Sokhonn, vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale.
S’exprimant en sa qualité d’Agent du Cambodge lors de la première réunion de la Commission de conciliation établie au titre de la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer (CNUDM/UNCLOS) entre le Cambodge et la Thaïlande, à Singapour, Prak Sokhonn a expliqué les raisons ayant conduit le Cambodge à engager la procédure de conciliation obligatoire.
Il a déclaré que la profonde compréhension du Cambodge de la valeur de la paix, forgée par des décennies de conflits et leurs conséquences humaines et économiques dévastatrices, était à la base de son engagement à régler la question de la frontière maritime par des moyens pacifiques.
Le Cambodge et la Thaïlande ont entamé leurs discussions sur leur frontière maritime en avril 1995. En 2001, les deux pays ont conclu un Mémorandum d’entente (MoU) concernant leurs revendications qui se chevauchent sur le plateau continental, reflétant leur volonté commune de parvenir à un accord sur la frontière maritime et de développer conjointement les ressources dans leur intérêt mutuel.
Cependant, malgré les efforts de négociation, les deux parties ne sont toujours pas parvenues à un accord, que ce soit sur la frontière maritime ou sur un traité relatif au développement conjoint, laissant inexploitées les ressources situées sous les eaux dont la délimitation n’a pas encore été établie.
Prak Sokhonn a indiqué que la Thaïlande avait annoncé publiquement, le 5 mai 2026, l’annulation unilatérale du MoU de 2001, malgré les appels répétés du Cambodge à respecter cet accord.
En réponse, le Cambodge a soigneusement examiné les options pacifiques disponibles en vertu du droit international et a choisi d’engager la procédure de conciliation obligatoire prévue par la CNUDM.
L’Agent du Cambodge a souligné que cette procédure visait à offrir une voie pacifique vers un règlement juste et durable et devait être considérée comme un moyen de rétablir la confiance plutôt que comme une démarche visant à aggraver les tensions.
Il a cité les propos du Premier ministre Samdech Moha Borvor Thipadei Hun Manet lors du lancement de la procédure, le 2 juin 2026, selon lesquels un règlement pacifique guidé par des experts internationaux et le droit international servirait les intérêts des deux pays en protégeant leur souveraineté, en renforçant la confiance, en permettant de valoriser les ressources énergétiques, en soutenant le développement et en créant des possibilités d’emploi pour les générations futures.
Prak Sokhonn a exprimé le souhait sincère du Cambodge que la Thaïlande participe de manière constructive à la procédure de conciliation, tout en œuvrant à l’amélioration des relations bilatérales par la mise en œuvre pleine et effective des accords bilatéraux existants, en particulier du Communiqué conjoint du 27 décembre 2025.
Il a déclaré que de tels efforts contribueraient à faciliter le retour de plus de 20 000 villageois déplacés dans leurs foyers, à soutenir la préservation d’importants sites culturels endommagés lors des affrontements et à contribuer à la normalisation des relations bilatérales.
Le rétablissement de la paix et de la stabilité entre le Cambodge et la Thaïlande, a-t-il ajouté, profiterait non seulement aux populations des deux pays voisins, mais également à l’ensemble de la communauté de l’ASEAN.

Par C. Nika





