Les 44 conteneurs déployés par l’armée thaïlandaise à Boeung Trakoun empêchent près de 7 900 Cambodgiens de regagner leurs foyers
AKP Phnom Penh, le 23 août 2026 --
Le déploiement de 44 conteneurs maritimes par l’armée thaïlandaise sur 14 sites dans la zone du poste-frontière de Boeung Trakoun, dans la province de Banteay Meanchey, empêche 7 873 civils cambodgiens, soit 1 869 familles, dont 1 847 enfants, de regagner leurs foyers, selon le ministère cambodgien de la Défense nationale.
Ces chiffres ont été relevés lors d’une visite de terrain effectuée dimanche par l’Équipe des observateurs de l’ASEAN au Cambodge (AOT-KH), coordonnée par le Groupe de liaison cambodgien (CLG).
Conduite par le chef de mission de l’AOT-KH des Philippines, l’équipe s’est rendue dans la zone située dans la commune de Kouk Romiet, district de Thmor Pouk, afin d’observer, de vérifier et de rendre compte de la situation le long de la frontière entre le Cambodge et la Thaïlande, ainsi que d’inspecter le déploiement des conteneurs.
Le ministère a indiqué que cette situation continuait d’affecter des milliers de civils cambodgiens, qui demeurent dans l’impossibilité de retourner dans leurs foyers.
Il a réaffirmé l’engagement du Cambodge à garantir que les populations déplacées puissent regagner leurs communautés en toute sécurité, dans la paix et la dignité, conformément aux accords existants, notamment au point 4 du Communiqué conjoint de la 3e réunion spéciale du Comité général des frontières (GBC) entre le Cambodge et la Thaïlande du 27 décembre 2025.
Le Cambodge a également réaffirmé sa position selon laquelle la frontière internationale entre le Cambodge et la Thaïlande doit être traitée sur la base de la frontière établie par la Commission de délimitation de la frontière entre l’Indochine et le Siam, conformément au droit international, notamment au principe de l’intangibilité des frontières héritées (Uti Possidetis Juris).
Le ministère a en outre souligné le respect du Cambodge pour les conventions et traités franco-siamois, les cartes pertinentes et les documents relatifs à la démarcation frontalière, ainsi que pour le Mémorandum d’entente (MoU) de 2000, les Termes de référence (TOR) de 2003 et les autres accords et documents précédemment convenus par les deux pays.
Le Cambodge, a-t-il indiqué, ne reconnaît aucune modification de la frontière résultant de l’usage de la force ou d’une occupation territoriale illégale visant à créer un fait accompli sur le terrain.
La partie cambodgienne continuera de déposer officiellement des protestations contre toute action unilatérale ou abusive portant atteinte à son intégrité territoriale légitime.



Par C. Nika





