Le ministre de l’Information alerte sur la menace à long terme des sous-munitions non explosées pour les civils cambodgiens
AKP Phnom Penh, le 10 août 2026 --
Le ministre cambodgien de l’Information, Neth Pheaktra, a averti que les sous-munitions non explosées tirées, selon les autorités cambodgiennes, par les forces thaïlandaises sur le territoire cambodgien pourraient continuer à tuer et à mettre en danger les populations civiles pendant des années, malgré la cessation des hostilités.
Dans un message publié sur Facebook lundi matin, Neth Pheaktra a cité Heng Ratana, directeur général du Centre d’action contre les mines du Cambodge (CMAC), qui a informé Alain Aeschlimann, conseiller du CICR pour la sécurité et la gestion des crises, qu'une enquête récemment menée dans 335 villages avait révélé l'ampleur de la contamination par des restes de munitions militaires thaïlandaises.
Selon Heng Ratana, 5 348 zones contaminées ont jusqu’à présent été identifiées sur une superficie totale de 3 872 km². Parmi elles, 3 858 zones, couvrant près de 2 700 km², seraient contaminées par des sous-munitions à dispersion.
Il a estimé que 6 à 7 millions de sous-munitions non explosées de types M42, M46 et M85 pourraient être dispersées dans des villages, rizières, exploitations agricoles et autres terres cultivées. Ces engins constituent une menace permanente pour les populations, pouvant tuer ou blesser des civils et empêcher les habitants de regagner leurs foyers, d'exploiter leurs terres et de reprendre une vie normale en toute sécurité.
Le ministre a souligné que la contamination par les sous-munitions ne constituait pas seulement une question militaire ou technique de déminage, mais également un problème humanitaire, de droits de l'homme et de rétablissement des moyens de subsistance affectant des communautés entières.
Il a indiqué que la dispersion présumée de sous-munitions dans des zones comprenant des écoles, des pagodes, des villages, des terres agricoles et d'autres infrastructures civiles avait créé une grave situation humanitaire et faisait peser des risques durables sur les vies humaines, la sécurité alimentaire, les moyens de subsistance et le développement socio-économique du Cambodge.
« Les sous-munitions ne connaissent pas le cessez-le-feu », a déclaré Neth Pheaktra, ajoutant que les engins non explosés pouvaient transformer des habitations, des écoles, des terres agricoles et même des espaces fréquentés par les enfants en zones dangereuses pour les générations actuelles et futures.
Le ministre a également précisé que les chiffres disponibles ne représentaient pas encore l'ampleur totale de la contamination, puisque 14 villages supplémentaires situés dans les zones de première ligne le long de la frontière n'avaient pas encore été inspectés par les équipes techniques. La superficie contaminée et le nombre d'engins non explosés pourraient donc être nettement supérieurs aux estimations actuelles.
Neth Pheaktra a enfin soulevé la question de la responsabilité concernant l'élimination des restes de guerre, la sécurisation des terres contaminées, l'assistance aux victimes et le retour sûr et digne des populations dans leurs foyers et sur leurs terres agricoles.
Il a conclu qu'une guerre pouvait prendre fin en quelques jours, mais que les conséquences des sous-munitions pouvaient continuer à tuer et à blesser pendant des années, voire des décennies. Selon lui, mettre fin à un conflit ne signifie donc pas seulement faire taire les armes, mais aussi éliminer les dangers laissés par la guerre et garantir la sécurité et le rétablissement des populations touchées.




Par C. Nika





