Le ministre de l’Information revient sur l’incident de la « poignée de main la plus dangereuse » après le cessez-le-feu Cambodge-Thaïlande
AKP Phnom Penh, le 28 juillet 2026 --
Le ministre cambodgien de l’Information est revenu sur ce qu’il a qualifié d’incident de la « poignée de main la plus dangereuse », survenu à la suite du cessez-le-feu convenu entre le Cambodge et la Thaïlande.
Dans un message sur sa page Facebook personnelle mardi matin, Neth Pheaktra, ministre de l’Information, a indiqué qu’après l’entrée en vigueur du cessez-le-feu entre le Cambodge et la Thaïlande à minuit le 28 juillet 2025, le peuple cambodgien et les forces déployées en première ligne espéraient que les effusions de sang prendraient fin et que la paix commencerait à revenir.
Cependant, le même matin, des soldats thaïlandais se seraient approchés de soldats cambodgiens et leur auraient proposé de se serrer la main, créant une atmosphère qui semblait signaler une réconciliation et la fin de la confrontation. La partie thaïlandaise aurait ensuite encerclé et arrêté les soldats cambodgiens.
Sur les 20 soldats cambodgiens concernés, 18 ont été arrêtés, un a été tué et un autre a réussi à s’échapper. Les 18 soldats ont par la suite été détenus en tant que prisonniers de guerre jusqu’au 31 décembre 2025, date à laquelle ils ont été libérés à la suite des efforts déployés par le gouvernement royal du Cambodge et la communauté internationale.
Cet incident soulève de sérieuses questions, a déclaré Neth Pheaktra, demandant si, après l’entrée en vigueur du cessez-le-feu et l’arrêt des combats, la capture de soldats stationnés dans une zone considérée par le Cambodge comme faisant partie de son territoire pouvait légitimement être qualifiée de capture de prisonniers de guerre.
Du point de vue du Cambodge, a-t-il expliqué, l’incident n’a pas été considéré comme une arrestation survenue au cours de combats actifs, mais comme une exploitation de la confiance instaurée par le cessez-le-feu afin de faciliter la capture de soldats cambodgiens. Leur détention pendant plus de cinq mois a laissé des séquelles psychologiques durables chez les soldats, leurs familles et la société cambodgienne dans son ensemble.
Selon le ministre, une « poignée de main » devrait symboliser la paix et la confiance. Toutefois, si une poignée de main est utilisée pour faciliter une arrestation, elle devient un symbole de la perte de confiance susceptible de compromettre gravement les efforts futurs visant à instaurer la paix et la confiance entre les deux parties.
Il a souligné que cet incident demeurait une question nécessitant des éclaircissements transparents, un examen indépendant et l’établissement des responsabilités, afin de garantir que les accords de cessez-le-feu et la protection des soldats soient respectés conformément au droit international humanitaire, et d’empêcher que des incidents similaires ne se reproduisent.



Par C. Nika





