Le Cambodge réaffirme son engagement contre les escroqueries en ligne et en faveur d'un règlement pacifique des questions frontalières avec la Thaïlande
AKP Phnom Penh, le 24 juillet 2026 --
Le Premier ministre Samdech Moha Borvor Thipadei Hun Manet a réaffirmé l'engagement du Cambodge à éradiquer les opérations d'escroquerie en ligne, à renforcer la coopération internationale dans la lutte contre la criminalité transfrontalière et à poursuivre des mécanismes pacifiques pour régler les questions relatives aux frontières terrestre et maritime avec la Thaïlande.
Dans une interview accordée à Bloomberg, le chef du gouvernement royal a déclaré que le Cambodge se déterminait à rendre le pays de plus en plus hostile aux activités des réseaux criminels, soulignant que la lutte contre les escroqueries en ligne demeure une priorité nationale qui nécessite une coopération étroite avec les partenaires internationaux.
« Nous restons déterminés à réprimer les escroqueries en ligne, et nous avons déjà obtenu des résultats. Notre objectif est de faire du Cambodge un pays où les opérations d'escroquerie en ligne sont difficiles à mener et ne sont plus rentables », a-t-il souligné.
Samdech Thipadei a indiqué que le Cambodge collabore étroitement avec des pays du monde entier, notamment les États-Unis et la Chine, pour lutter contre la criminalité transnationale, insistant sur le fait que les organisations criminelles ciblent les pays indépendamment des considérations géopolitiques.
« Il s'agit de défis communs qui dépassent largement les enjeux géopolitiques », a-t-il dit, ajoutant : « Les réseaux criminels exploitent toutes les opportunités qui s'offrent à eux. Ils peuvent viser simultanément les États-Unis et la Chine par le biais d'escroqueries en ligne ou du trafic de stupéfiants. »
Dans le cadre de ces efforts, le Cambodge accueillera une conférence internationale sur la lutte contre les escroqueries en ligne, qui réunira des responsables des forces de l'ordre et des représentants de plusieurs pays, dont la Chine et le Federal Bureau of Investigation (FBI) des États-Unis.
Samdech Thipadei Hun Manet a précisé avoir invité une délégation du FBI à participer à cette conférence et que le directeur du FBI, Kash Patel, avait confirmé la participation d'une délégation de haut niveau.
Répondant aux préoccupations selon lesquelles les zones économiques spéciales (ZES) pourraient être exploitées par des organisations criminelles, le Premier ministre a indiqué que le gouvernement royal avait adopté des mesures préventives strictes afin de garantir qu'aucune ZES ne soit utilisée pour faciliter des activités illégales.
Samdech Thipadei Hun Manet a expliqué avoir donné instruction aux agences de sécurité, aux autorités locales et aux organismes chargés de la gestion des ZES de surveiller étroitement toutes les zones et de prendre des mesures fermes contre tout opérateur reconnu coupable d'infractions à la loi.
« Si une ZES est reconnue comme servant de couverture à des opérations d'escroquerie criminelle, elle sera tenue responsable devant la loi comme n'importe quel autre acteur. À ce jour, nous n'avons trouvé aucune preuve de telles activités au Cambodge, mais nous faisons preuve d'une grande vigilance », a-t-il affirmé.
Le Premier ministre a ajouté que les autorités cambodgiennes n'avaient trouvé aucune preuve démontrant que les ZES du pays était utilisées pour des opérations d'escroquerie en ligne, tout en précisant que la vigilance reste de mise, les ZES constituant un moteur essentiel pour attirer les investissements directs étrangers et créer des emplois.
Samdech Thipadei a également évoqué les mesures déjà prises à l'encontre de responsables publics impliqués dans des activités criminelles, indiquant que le gouvernement royal avait révoqué des officiers supérieurs de l'armée, des gouverneurs de province et des commissaires provinciaux de police après que des preuves ont établi leur implication dans des activités liées aux escroqueries ou leur inaction face à ces crimes.
« Nous poursuivons nos enquêtes et continuerons à agir partout où les preuves nous conduiront », a-t-il affirmé.
Abordant ensuite les relations entre le Cambodge et la Thaïlande concernant les questions frontalières, Samdech Thipadei Hun Manet a rejeté les affirmations selon lesquelles la décision du Cambodge de recourir à la procédure de conciliation obligatoire prévue par la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer (CNUDM) aurait fermé la porte aux négociations sur la frontière terrestre.
Le Premier ministre a qualifié ces affirmations d'inexactes et d'injustes, expliquant que le Cambodge n'avait eu recours au mécanisme prévu par la CNUDM qu'après que la Thaïlande eut mis un terme unilatéralement au Mémorandum d’entente (MoU) de 2001, qui constituait le seul cadre bilatéral régissant les discussions maritimes entre les deux pays.
Selon Samdech Thipadei, les gouvernements successifs du Cambodge et de la Thaïlande ont consacré plus de quinze ans à tenter de résoudre les revendications maritimes qui se chevauchent dans le cadre du MoU de 2001, notamment lors des gouvernements des anciens Premiers ministres thaïlandais Srettha Thavisin et Paetongtarn Shinawatra.
« Malgré la demande du Cambodge de ne pas dénoncer le MoU, la Thaïlande a maintenu sa décision », a-t-il déclaré, poursuivant : « Nous n'avons donc eu d'autre choix que d'engager la procédure de conciliation obligatoire. »
Samdech Thipadei a aussi insisté sur le fait qu'aucun accord ni aucune disposition n'ont jamais prévu que l'ouverture d'une procédure au titre de la CNUDM empêcherait le Cambodge et la Thaïlande de poursuivre leurs discussions sur la frontière terrestre.
Interrogé sur les différences d'approche entre les deux pays concernant le différend maritime, le Premier ministre a estimé qu'il était encore trop tôt pour envisager un élargissement du champ des négociations, la procédure de conciliation n'en étant qu'à son stade préliminaire.
Il a indiqué que les deux pays avaient déjà désigné leurs conciliateurs et travaillaient actuellement à la nomination du président de la commission de conciliation avant l'ouverture des discussions de fond.
« Notre priorité est désormais de faire avancer ce processus », a-t-il déclaré.
Concernant les sanctions imposées par les États-Unis aux sénateurs cambodgiens Ly Yong Phat et Kok An, Samdech Thipadei Hun Manet a expliqué qu'il s'agissait d'une affaire personnelle concernant les intéressés et que les deux sénateurs avaient mandaté des équipes juridiques pour assurer leur défense et rétablir leur réputation.

Par C. Nika





