Neuf notes diplomatiques envoyées et 32 protestations déposée par la JBC cambodgienne contre les activités illégales commises par la Thaïlande
AKP Phnom Penh, le 22 juin 2026 --
La Commission mixte frontalière (JBC) a adressé neuf notes diplomatiques à son homologue thaïlandaise et déposé 32 notes officielles de protestation concernant des activités illégales de la part des forces thaïlandaises dans des zones contestées, a déclaré Pen Bona, porte-parole du gouvernement royal du Cambodge.
Lors d’un point de presse le 22 juin, Pen Bona a indiqué que depuis l’entrée en vigueur du deuxième accord de cessez-le-feu le 27 décembre 2025, la partie cambodgienne de la JBC avait proposé à plusieurs reprises la tenue d’une réunion spéciale ainsi que le déploiement d’équipes conjointes de relevés (JST) afin de reprendre les opérations sur le terrain et poursuivre les travaux de délimitation.
En parallèle de ces initiatives diplomatiques, la JBC cambodgienne a transmis 32 notes de protestation portant sur des activités menées par les forces thaïlandaises dans les zones concernées.
Il a précisé qu’en incluant la période depuis le premier accord de cessez-le-feu entré en vigueur le 28 juillet 2025, le Cambodge a soumis au total 42 protestations relatives à des violations présumées du côté thaïlandais.
Selon Pen Bona, ces protestations officielles sont importantes pour réaffirmer clairement la position du Cambodge concernant son intégrité territoriale.
Il a expliqué que ces documents avaient également une portée juridique et constituaient des éléments de référence dans tout processus de règlement frontalier conforme au droit international, tout en préservant la continuité juridique du différend.
Concernant les propositions de réunion spéciale de la JBC et le déploiement des JST, le porte-parole a indiqué qu’elles s’inscrivaient dans le cadre du procès-verbal convenu lors de la réunion spéciale de la JBC du 22 octobre 2025 ainsi que du Communiqué conjoint de la troisième réunion spéciale du Comité général des frontières (GBC) du 27 décembre 2025.
Ces accords donnent la priorité à la reprise rapide des travaux de relevé et de démarcation afin de permettre aux populations affectées de regagner leurs foyers dans des conditions sûres, pacifiques et dignes. D’après le porte-parole, le Cambodge a poursuivi ses efforts dans ce sens alors que la Thaïlande a demandé plusieurs reports pour des raisons internes.
Le Cambodge a réaffirmé qu’il rejettait toute création de faits accomplis sur le terrain et ne reconnaît aucun changement frontalier résultant de la force ou d’actions unilatérales. Il a aussi rappelé que la gestion de la frontière terrestre repose sur le droit international, notamment le principe de Uti Possidetis Juris, les accords franco-siamois, les cartes historiques et les documents bilatéraux existants.
Concernant les questions maritimes, le porte-parole a rappelé qu’après la résiliation unilatérale par la Thaïlande du mémorandum d’entente de 2001 (MoU 2001), le Cambodge a annoncé le 2 juin 2026 son recours à une procédure de conciliation obligatoire au titre de la Convention des Nations unies sur le droit de la mer (CNUDM/UNCLOS). Il a ajouté que le processus était en cours avec la participation de la Thaïlande et exprimé l’espoir qu’il démontrera l’utilité du droit international et du règlement pacifique des différends.

Par C. Nika



