Le Cambodge appelle la Thaïlande à retirer ses forces et à restituer les territoires cambodgiens occupés
AKP Phnom Penh, le 26 août 2026 --
Le ministre cambodgien de l’Information, Neth Pheaktra, a appelé la Thaïlande à retirer ses forces et ses équipements militaires du territoire cambodgien et à permettre aux civils déplacés de regagner leurs foyers en toute sécurité, estimant que les affirmations de non-agression doivent être démontrées par des actes plutôt que par des déclarations.
Dans un message publié sur Facebook le 26 août, le ministre a déclaré que les démentis ou les récits concurrents du Centre d’information conjoint (JIC) de la Thaïlande ne pouvaient effacer les éléments faisant état d’actions militaires thaïlandaises sur le sol cambodgien.
Il a rappelé que les affrontements de juillet et décembre 2025 avaient fait des victimes, détruit des habitations, des pagodes et des infrastructures et entraîné le déplacement d’environ 650 000 Cambodgiens. Quelque 20 000 personnes déplacées seraient encore dans l’impossibilité de regagner en toute sécurité leurs foyers et leurs terres, malgré l’engagement pris dans le Communiqué conjoint du 27 décembre 2025.
D’après Neth Pheaktra, la situation demeure non résolue, avec la présence de conteneurs, de barbelés, de barrières, de positions militaires, de tranchées et de nouvelles routes qui continuent de modifier la situation sur le terrain et d’empêcher certains civils de rentrer chez eux.
Il s’est interrogé sur les raisons pour lesquelles les forces et équipements militaires thaïlandais demeurent dans des zones situées sur le territoire du Cambodge. « Les armes ne sont pas des instruments de démarcation frontalière. Les conteneurs ne sont pas des bornes frontières. Les barbelés ne constituent pas une frontière internationale. Et l’occupation par la force ne constitue pas une preuve de souveraineté », a-t-il déclaré.
Le ministre a réaffirmé que le Cambodge soutenait le règlement des questions frontalières en suspens par les mécanismes convenus entre les deux pays, notamment la Commission mixte de délimitation des frontières Cambodge-Thaïlande (JBC). Il a appelé la Thaïlande à répondre de manière constructive aux propositions cambodgiennes afin de permettre la reprise des travaux conjoints de relevé et de démarcation dans le cadre juridique et bilatéral existant.
Il a également souligné que le Communiqué conjoint du 27 décembre ne transférait pas la souveraineté et ne reconnaissait aucune nouvelle frontière internationale, mais visait à mettre fin aux violences, préserver la paix et créer les conditions permettant aux populations déplacées de rentrer chez elles en toute sécurité. « Un cessez-le-feu arrête les tirs ; il ne redessine pas la carte. Un cessez-le-feu gèle la situation militaire ; il ne transfère pas la souveraineté », a-t-il affirmé.
Neth Pheaktra a donc appelé la Thaïlande à retirer ses forces et ses équipements militaires, à supprimer les obstacles empêchant le retour des civils cambodgiens, à cesser toute action susceptible de créer un fait accompli et à laisser les questions de relevé et de démarcation à la JBC, conformément au droit international, aux cartes applicables et aux accords existants.
« Si la Thaïlande ne cherche pas à s’emparer du territoire cambodgien, alors elle devrait restituer au Cambodge ce qui appartient au Cambodge », a conclu le ministre, soulignant que si la Thaïlande maintient n’avoir commis aucune agression contre le Cambodge, elle devrait le démontrer par des mesures concrètes : retrait de ses forces, cessation des tentatives de créer un fait accompli, retour des civils cambodgiens chez eux et restitution des territoires cambodgiens qu’elle occuperait.



Par C. Nika





