Le Cambodge appelle à soutenir les citoyens déplacés lors de la session du Comité exécutif du HCR
AKP Phnom Penh, le 14 octobre 2026 --
Le Cambodge a appelé à un renforcement du soutien international pour répondre aux besoins humanitaires des citoyens cambodgiens déplacés par le conflit frontalier entre le Cambodge et la Thaïlande, exhortant cette dernière à faciliter leur retour dans leurs foyers en toute sécurité et dans la dignité.
Cet appel a été lancé par KE Sovann, ambassadeur et représentant permanent du Cambodge auprès des Nations Unies à Genève, lors du débat général de la 77e session du Comité exécutif du Programme du Haut-Commissaire, tenue le 13 octobre à Genève.
Dans sa déclaration, le représentant cambodgien a réaffirmé l’engagement du Cambodge en faveur de la protection internationale des réfugiés, en tant qu’État partie à la Convention de 1951 relative au statut des réfugiés et à son Protocole de 1967, ainsi que sa coopération de longue date avec le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR).
Il s’est inquiété de l’ampleur croissante et de la complexité des déplacements forcés dans le monde, soulignant que les conflits armés, la violence, les persécutions, les violations des droits de l’homme, les catastrophes et les effets néfastes du changement climatique continuent de contraindre des millions de personnes à quitter leur foyer.
KE Sovann a salué les efforts du HCR pour protéger les réfugiés, les demandeurs d’asile, les personnes déplacées à l’intérieur de leur pays et les apatrides, ainsi que pour leur fournir une aide humanitaire et rechercher des solutions durables, malgré de graves contraintes financières.
Abordant la situation au Cambodge, il a indiqué que le conflit frontalier entre le Cambodge et la Thaïlande avait entraîné le déplacement d’environ 650 000 Cambodgiens à son apogée, en décembre 2025. Il a ajouté que des habitations, des écoles, des établissements de santé, des routes, des ponts, des infrastructures électriques ainsi que des sites religieux et culturels avaient subi d’importants dégâts.
Bien que le cessez-le-feu reste en vigueur, plus de 20 000 Cambodgiens ne peuvent toujours pas regagner leur domicile, selon la déclaration. KE Sovann a attribué la persistance de ces déplacements à l’occupation de certaines zones du territoire cambodgien par les forces armées thaïlandaises, aux restrictions d’accès aux habitations et aux communautés, ainsi qu’à la destruction supplémentaire de logements et d’infrastructures cambodgiens dans ces zones.
Il a estimé que cette situation compromettait les perspectives de retour des personnes déplacées et constituait une grave violation de la souveraineté et de l’intégrité territoriale du Cambodge, contraire aux buts et principes de la Charte de l’ONU.
Malgré l’aide humanitaire importante apportée par le gouvernement royal du Cambodge et ses partenaires internationaux, les personnes qui demeurent déplacées continuent de faire face à de graves difficultés, notamment un accès limité à l’éducation, aux soins de santé, aux moyens de subsistance et à d’autres services essentiels.
KE Sovann a souligné l’urgence de mettre pleinement en œuvre, de bonne foi, la Déclaration conjointe de Kuala Lumpur du 26 octobre 2025 et la Déclaration conjointe de la troisième réunion extraordinaire du Comité général des frontières du 27 décembre 2025.
Il a réitéré l’appel du Cambodge à la Thaïlande pour qu’elle donne suite à ses demandes répétées de reprise du dialogue dans le cadre des mécanismes existants, facilite le retour des Cambodgiens déplacés dans leurs foyers en toute sécurité et dans la dignité, et s’abstienne de détruire davantage les biens et les infrastructures cambodgiens dans les zones actuellement occupées par les forces armées thaïlandaises.
Le Cambodge a également encouragé le HCR, conformément aux résolutions pertinentes de l’Assemblée générale de l’ONU et en étroite coordination avec le gouvernement royal du Cambodge et les organismes compétents de l’ONU, à soutenir les efforts visant à répondre aux besoins humanitaires et de protection des Cambodgiens déplacés et à contribuer à la recherche de solutions durables, notamment leur retour en toute sécurité et dans la dignité.
KE Sovann a en outre souligné que la prévention des déplacements forcés, qu’ils se produisent au-delà des frontières internationales ou à l’intérieur des frontières nationales, exige le plein respect de la Charte de l’ONU et du droit international, ainsi qu’un engagement en faveur du règlement pacifique des différends.
Il a appelé à la mobilisation de financements suffisants, prévisibles et durables afin de permettre au HCR de s’acquitter efficacement de son mandat, dans un contexte marqué par l’aggravation des besoins humanitaires et la pression croissante exercée sur ses ressources limitées.
Enfin, il a indiqué que le Cambodge soutenait pleinement les réformes du HCR et restait déterminé à collaborer de manière constructive avec l’organisation et la communauté internationale afin de renforcer la protection internationale et de promouvoir des solutions durables.


Par C. Nika





