La Francophonie : de ses origines au XXe Sommet au Cambodge
AKP Phnom Penh, le 08 octobre 2026 -- En tant qu'organisation politique et culturelle internationale, l’histoire de la Francophonie trouve ses racines dans le concept littéraire et géographique de la fin du XIXe siècle, avant de se transformer en un mouvement institutionnel et politique majeur au lendemain des décolonisations.
Le mot « Francophonie » a été inventé vers 1880 par le géographe français Onésime Reclus. Il utilisait le mot « Francophonie » à l'origine dans un sens purement géographique et linguistique pour désigner l'ensemble des pays et des peuples de la planète qui, à des degrés divers, utilisaient la langue française. Pendant longtemps, le terme est resté confiné aux cercles géographiques et littéraires.
Après les indépendances de nombreux pays d'Afrique et d'Asie dans les années 1960, plusieurs dirigeants de pays nouvellement indépendants, fiers de partager le français comme langue commune, ont eu l'idée de créer une structure de coopération. On les appelle les « Pères fondateurs » de la Francophonie institutionnelle tels que Samdech Preah Norodom Sihanouk, Roi du Royaume du Cambodge, Habib Bourguiba, Président de la Tunisie, Léopold Sédar Senghor, Président du Sénégal et Hamani Diori, Président du Niger.
Dès 1966, Léopold Sédar Senghor prononce une phrase célèbre pour définir cette communauté de destin : « Nous portons en nous ce sang contaminé de français, mais de ce sang-là, nous avons fait un poème. » Il plaidait pour une « francophonie » politique et solidaire.
Le 20 mars 1970, à Niamey au Niger, est signée la convention portant création de l'ACCT (Agence de Coopération Culturelle et Technique). C'est l'acte de naissance officiel de la Francophonie institutionnelle. L'objectif initial était avant tout culturel, technique, éducatif et linguistique.
Au fil des décennies, l'organisation a évolué pour devenir non seulement culturelle, mais aussi politique. En 1986, le premier Sommet de la Francophonie se tient à Paris (à l'initiative du président français François Mitterrand et des autres chefs d'État). Ce sommet réunit désormais tous les deux ans les chefs d'État et de gouvernement des pays ayant le français en partage.
En 1997, lors du Sommet de Hanoï, au Vietnam, l'organisation se dote d'un véritable chef politique avec la création du poste de Secrétaire général de la Francophonie. Le premier à occuper ce poste a été l'ancien secrétaire général de l'ONU, l'Égyptien Boutros Boutros-Ghali. L'ACCT devient alors l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF).
Historiquement, le Cambodge est en effet le deuxième pays d'Asie à accueillir le Sommet de la Francophonie, près de trente ans après l'édition historique de Hanoï au Vietnam en 1997. Le Royaume s'apprête à organiser le XXe Sommet de la Francophonie, qui se tiendra du 14 au 16 novembre 2026 à Phnom Penh dont le thème officiel est « Réinvestir dans la paix pour une prospérité partagée et une stabilité durable ». Le Royaume s'apprête aussi à vibrer le rythme du Village de la Francophonie et le forum de l'innovation numérique FrancoTech comme événements parallèles principaux.
D’après le dernier rapport de l'Observatoire de la langue française publié en mars 2026, il y a environ 396 millions de locuteurs de français recensés à travers le monde, positionnant le français au rang de 4e langue la plus parlée de la planète. Depuis le sommet de Villers-Cotterêts, l'OIF réunit 93 États et gouvernements répartis comme suit : 56 membres de plein droit (dont le Cambodge), 5 membres associés et 32 membres observateurs.



Par Chanseng





