Le ministre de l’Information appelle au retour sûr des Cambodgiens déplacés dans leurs foyers
AKP Phnom Penh, le 20 août 2026 --
Le ministre cambodgien de l’Information, Neth Pheaktra, a souligné que le droit des civils cambodgiens déplacés à retourner chez eux en toute sécurité devait rester une priorité humanitaire après le conflit frontalier entre le Cambodge et la Thaïlande en 2025.
Dans un message publié sur Facebook le 20 août, le ministre a déclaré que la question frontalière ne concernait pas uniquement les bornes, les lignes sur les cartes ou la souveraineté territoriale, mais également la vie des populations, leurs habitations, terres agricoles, écoles, pagodes, centres de santé et communautés affectées par les combats.
Il a rappelé qu’au plus fort de la crise, environ 650 000 civils cambodgiens avaient été déplacés pour fuir les combats, les bombardements et les frappes aériennes.
Neth Pheaktra a estimé que la question du retour des personnes contraintes de fuir leurs foyers devait être traitée parallèlement à celle de la responsabilité des actes ayant entraîné leur déplacement. Il a indiqué que les combats dans les provinces de Preah Vihear, Oddâr Meanchey, Banteay Meanchey et Pursat avaient fait des morts et des blessés parmi les civils et endommagé des habitations, écoles, pagodes et autres infrastructures civiles.
Selon lui, la conclusion d’un cessez-le-feu ne doit pas conduire à oublier les conséquences du conflit. Les violations présumées doivent être documentées, vérifiées et examinées au regard du droit international afin que les responsabilités puissent être établies sur la base de preuves.
Le ministre a aussi rappelé que le Point 4 du Communiqué conjoint du 27 décembre 2025 prévoyait le retour des populations affectées dans leurs résidences de manière sûre, sans obstruction et dans la dignité. Il a toutefois indiqué que des dizaines de milliers de Cambodgiens restaient encore dans l’impossibilité de rentrer chez eux plusieurs mois après le cessez-le-feu.
Il a estimé que l’installation de conteneurs, de barbelés, de tranchées et d’autres obstacles dans les zones revendiquées par le Cambodge soulevait de sérieuses préoccupations lorsqu’elle empêchait les civils d’accéder à leurs maisons, leurs terres agricoles et leurs moyens de subsistance.
Neth Pheaktra a également évoqué la visite au Cambodge, en juillet 2026, du Rapporteur spécial de l'ONU sur la situation des droits de l’homme au Cambodge, Thomas Andrews, qui s’était rendu dans les zones frontalières et avait souligné la nécessité de permettre aux personnes déplacées de rentrer chez elles en toute sécurité.
Il a insisté sur le fait que le retour des populations ne devait pas être considéré uniquement comme une question politique entre deux États, mais également comme une question de droits humains, de sécurité et de dignité.
Un véritable retour, a-t-il expliqué, ne signifie pas seulement permettre aux habitants de franchir les obstacles. Ceux-ci doivent pouvoir vivre dans leurs maisons, exploiter leurs terres, gagner leur vie, envoyer leurs enfants à l’école et vivre sans craindre d’être à nouveau contraints de partir.
Le ministre a également souligné que les allégations de violations du droit international devaient faire l’objet d’un examen fondé sur les témoignages, les rapports des zones affectées et les autres éléments de preuve disponibles, indépendamment des affirmations selon lesquelles les opérations militaires auraient visé uniquement des objectifs militaires.
Il a par ailleurs affirmé qu’un contrôle de fait exercé par la force ne pouvait créer un droit légal à la souveraineté, estimant que les barbelés ne peuvent établir une nouvelle frontière, les conteneurs ne peuvent créer une souveraineté et le contrôle par la force ne peut être transformé en droit juridique.
Neth Pheaktra a appelé à régler les questions frontalières entre le Cambodge et la Thaïlande conformément au droit international, aux documents frontaliers existants et aux mécanismes pacifiques convenus entre les deux pays, plutôt que par la création unilatérale de nouvelles réalités sur le terrain.
Il a conclu que la résolution de la crise nécessitait le respect de la souveraineté et de l’intégrité territoriale, du droit international, du droit international humanitaire et des droits humains, ainsi que la mise en œuvre complète des engagements du cessez-le-feu et l’établissement des responsabilités lorsque des violations sont confirmées par les preuves.
Pour les civils contraints de fuir leurs foyers, a-t-il souligné, la paix ne se résume pas à l’absence de tirs : elle signifie pouvoir rentrer chez soi, retrouver ses terres, ses écoles et sa communauté en toute sécurité et dans la dignité.




Par C. Nika





