Le Cambodge affirme que le processus maritime de la CNUDM n'affecte pas les négociations sur la frontière terrestre
AKP Phnom Penh, le 20 juillet 2026 — Le Cambodge a rejeté l’affirmation de la Thaïlande selon laquelle sa décision de recourir à la procédure de conciliation obligatoire prévue par la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer (CNUDM/UNCLOS) aurait interrompu les négociations sur la frontière terrestre entre les deux pays, soulignant que les questions relatives aux frontières maritime et terrestre relèvent de cadres juridiques et de mécanismes bilatéraux distincts.
Dans une Déclaration publiée lundi, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères et de la Coopération internationale a répondu aux récentes déclarations du vice-Premier ministre et ministre thaïlandais des Affaires étrangères, Sihasak Phuangketkeow, qui avait affirmé que le recours du Cambodge à la CNUDM avait « fermé la porte » aux discussions sur la frontière terrestre.
Le porte-parole a qualifié cette affirmation de « tout simplement fausse », expliquant que la procédure engagée par le Cambodge au titre de la CNUDM concerne exclusivement la délimitation de la frontière maritime et n’a aucune incidence sur le processus de démarcation de la frontière terrestre.
« La CNUDM constitue elle-même un moyen convenu et pacifique de régler les différends maritimes », souligne le communiqué, ajoutant que son utilisation devrait rassurer, et non inquiéter, un État voisin attaché au respect du droit international.
Le ministère a insisté sur le fait que la procédure engagée dans le cadre de la CNUDM ne saurait être invoquée de manière crédible pour justifier la suspension de la démarcation de la frontière terrestre par l’intermédiaire de la Commission mixte frontalière (JBC), mécanisme convenu dans le Mémorandum d’entente de 2000 et réaffirmé dans l’accord de cessez-le-feu du 27 décembre 2025.
La Déclaration rappelle également que la Thaïlande avait elle-même précédemment indiqué son intention de recourir à la CNUDM pour résoudre les questions maritimes. Il souligne en outre que c’est la Thaïlande qui s’est unilatéralement retirée du cadre bilatéral convenu pour les négociations maritimes, malgré la demande du Cambodge de ne pas agir ainsi.
Le Cambodge a appelé la Thaïlande à cesser de créer des prétextes pour retarder le processus de démarcation de la frontière terrestre et à reprendre, de bonne foi, la mise en œuvre des engagements déjà convenus dans le cadre du Mémorandum de 2000 et du cessez-le-feu de 2025.
« Il n’existe absolument aucune raison, qu’elle soit juridique ou pratique, de retarder davantage les progrès de la démarcation de la frontière terrestre par la JBC parallèlement au processus maritime engagé au titre de la CNUDM », affirme le ministère.
Le porte-parole a également indiqué que la position du Cambodge bénéficiait d’un soutien international, citant une résolution adoptée le 11 juillet par l’Assemblée parlementaire de la Francophonie (APF), qui réaffirme son soutien à la souveraineté et à l’intégrité territoriale du Cambodge, appelle à la désescalade et soutient la reprise des travaux de démarcation de la JBC.
La Déclaration appelle en outre la Thaïlande à respecter les arrêts rendus par la Cour internationale de Justice (CIJ) en 1962 et 2013 concernant le Temple de Preah Vihear, ainsi que la délimitation de la frontière terrestre conformément aux traités de 1904 et de 1907, tels que réaffirmés dans le Mémorandum de 2000.
Le ministère conclut qu’un report indéfini du processus de démarcation, dans le but de rendre permanente et d’annexer illégalement des territoires cambodgiens occupés, constituerait une violation flagrante de la Charte des Nations Unies et de la Charte de l’ASEAN.


Par C. Nika




