Le ministre de l’Énergie : les énergies renouvelables et l’interconnexion régionale, piliers de la résilience du Cambodge
AKP Phnom Penh, le 12 juin 2026 --
Le Cambodge renforce sa résilience énergétique et accélère sa transition vers les énergies renouvelables afin d’atténuer les effets de la hausse des prix mondiaux des carburants, d’après le ministre des Mines et de l’Énergie, Keo Rottanak, dans une récente interview accordée à Channel News Asia (CNA).
S’exprimant auprès du média basé à Singapour, le ministre a indiqué que le Cambodge restait exposé aux perturbations des marchés extérieurs, notamment à l’augmentation des prix internationaux du pétrole et du gaz, qui avait entraîné une hausse des coûts du diesel, de l’essence et du gaz de pétrole liquéfié (GPL), avec des répercussions sur les ménages et l’économie nationale.
Pour limiter ces impacts, le gouvernement royal a mis en place plusieurs mesures destinées à réduire les coûts pour les consommateurs et les entreprises. Selon Keo Rottanak, le Cambodge a abaissé les droits de douane et taxes à l’importation sur les produits pétroliers et gaziers afin d’éviter que les hausses mondiales ne soient entièrement répercutées sur le marché intérieur.
Le gouvernement a également supprimé les droits d’importation sur certains appareils électriques, notamment les cuisinières électriques, afin d’encourager les ménages à réduire leur dépendance au gaz.
Malgré la volatilité du marché mondial de l’énergie, le Cambodge est parvenu à maintenir les prix de l’électricité à un niveau proche de celui observé avant la pandémie de COVID-19, grâce notamment à la part croissante des énergies renouvelables dans son mix énergétique.
Le ministre a indiqué que les sources renouvelables, en particulier l’hydroélectricité et l’énergie solaire, représentaient désormais environ 64% de la capacité installée de production électrique du pays, dépassant déjà l’objectif régional de l’ASEAN fixé à 45% d’ici 2030.
Le Cambodge ambitionne de porter cette part à au moins 70% d’ici 2030.
D’après lui, le développement des énergies renouvelables soutiendra les objectifs de développement durable du pays à long terme, en réduisant les émissions de carbone tout en contribuant à diminuer les coûts énergétiques pour les ménages et les industries.
Au-delà des efforts nationaux, le ministre a aussi mis l’accent sur le soutien du Cambodge au renforcement de l’intégration énergétique régionale à travers l’initiative du réseau électrique de l’ASEAN (ASEAN Power Grid).
Il a indiqué que le Cambodge coopérait étroitement avec ses partenaires régionaux, dont Singapour, afin de développer les interconnexions électriques transfrontalières et de faciliter le transfert d’énergie propre dans la région.
Le Cambodge importe actuellement de l’électricité de ses pays voisins, notamment de l’hydroélectricité du Laos ainsi que jusqu’à 250 mégawatts d’électricité du Viet Nam pendant les périodes de forte demande.
Le ministre a souligné que l’interconnexion régionale était devenue un élément central de la stratégie nationale de sécurité énergétique.
Revenant sur la transition énergétique du Cambodge, Keo Rottanak a rappelé que le pays dépendait auparavant presque entièrement du diesel importé et du fioul lourd pour produire son électricité, avant d’enregistrer des progrès importants vers des sources d’énergie plus propres et plus diversifiées.
Cette évolution constitue, a affirmé le ministre, l’une des principales raisons permettant aujourd’hui au Cambodge de mieux résister aux chocs mondiaux dans le secteur de la production et de la consommation d’électricité.

Par C. Nika





