L’ambassadeur du Cambodge au Japon demande des clarifications à Nikkei Asia sur un article relatif à la situation frontalière
AKP Phnom Penh, le 02 juin 2026 -- L’ambassadeur du Cambodge au Japon, Chum Sounry, a adressé une lettre à la rédaction de Nikkei Asia afin de demander des clarifications concernant un récent article sur la situation à la frontière entre le Cambodge et la Thaïlande, estimant que celui-ci ne reflétait pas pleinement la position cambodgienne.
Dans sa lettre datée du 1er juin, l’ambassadeur fait référence à l’article intitulé « Thai-Cambodia Border Clash Fallout Hits Japan Auto Industry », publié le 29 mai 2026. Tout en reconnaissant la pertinence de son analyse sur les répercussions économiques du différend frontalier sur les chaînes d’approvisionnement régionales et les entreprises japonaises, il estime que certains aspects liés au contentieux territorial nécessitent des éclaircissements.
Selon lui, l’article désigne la zone contestée sous le nom de « Nong Chan », dans la province thaïlandaise de Sa Kaeo, alors que le Cambodge l’identifie comme le village de Chouk Chey, situé dans le district de Malai, province de Banteay Meanchey, et la considère comme faisant partie de son territoire national.
L’ambassadeur a souligné que l’utilisation exclusive de la dénomination thaïlandaise, sans mention de la position cambodgienne, risquait de présenter une vision incomplète du différend et de conférer involontairement une légitimité à une seule revendication territoriale.
Il a également contesté l’affirmation selon laquelle la Thaïlande exercerait désormais un « contrôle effectif » sur la zone, rappelant que la présence militaire ou le contrôle physique d’un territoire ne déterminent pas la souveraineté. Le Cambodge ne reconnaît aucune revendication territoriale fondée sur la force, l’occupation ou des actions unilatérales, a-t-il ajouté.
La lettre évoque en outre la protestation officielle adressée le 30 mai par le gouvernement royal du Cambodge contre ce qu’il considère comme des violations continues de sa souveraineté et de son intégrité territoriale, notamment à travers la construction de routes, d’infrastructures permanentes, de statues de Bouddha et de mâts de drapeau dans les zones contestées.
Enfin, l’ambassadeur Chum Sounry a exprimé des réserves quant à la publication d’allégations formulées par des responsables militaires thaïlandais concernant des mines terrestres et un risque de reprise des affrontements, sans présentation de la position cambodgienne ni vérification indépendante. Il a réaffirmé l’engagement du Cambodge en faveur d’un règlement pacifique des différends frontaliers conformément au droit international et aux mécanismes bilatéraux existants.

Par C. Nika





