Nucléaire nord-coréen : le site de Kusong disposerait de 200 à 300 centrifugeuses
AKP Phnom Penh, le 22 avril 2026--
La ville de Kusong, dans la province du Pyongan du Nord en Corée du Nord, est soupçonnée depuis les années 2010 d'abriter un site nucléaire destiné à l'enrichissement de l'uranium. Ce n'est toutefois que récemment que le ministre sud-coréen de l'Unification, Chung Dong-young, a évoqué l'existence d'installations de centrifugeuses à Kusong, devant la commission parlementaire des affaires étrangères et de l'unification à l'Assemblée nationale à Séoul.
Les autorités américaines ont accusé Chung d'avoir divulgué l'existence et l'emplacement de ce qui est le troisième site nord-coréen d'enrichissement d'uranium porté à notre connaissance, et elles ont imposé par la suite une restriction partielle sur les données d'imagerie satellitaire qu'elles partagent avec le Sud concernant les technologies du Nord.
Paradoxalement, cette réaction de la part des Etats-Unis n'a fait que corroborer les informations fournies par Chung. Ce site viserait à enrichir l'uranium pour la production d'ogives nucléaires. L'uranium-235, isotope naturel mais rare de l'uranium, n'a besoin que d'être enrichi de 2 à 5% pour servir de combustible dans les centrales nucléaires, mais le taux d'enrichissement doit être poussé à un niveau bien plus élevé (jusqu'à 90%) pour fabriquer une arme nucléaire.
Le site d'enrichissement d'uranium à Kusong, près de la base aérienne de Panghyon et d'un complexe industriel, abriterait entre 200 et 300 centrifugeuses, selon un rapport de l'Institute for Science and International Security (ISIS), datant de juillet 2016, qui a analysé des images satellite de ce site.
Le site nucléaire nord-coréen le plus connu se trouve à Yongbyon. Le spécialiste américain du nucléaire Siegfried Hecker, qui a pu le visiter en 2010 à l'invitation du Nord, avait déclaré qu'il abritait environ 2.000 centrifugeuses ainsi qu'un réacteur nucléaire, une installation de fabrication de combustible nucléaire, un entrepôt pour le combustible usé et une usine de production de plutonium.
Ce site de Yongbyon a été agrandi en 2013, doublant ainsi sa capacité. Hecker a estimé dans une interview datant de 2021 qu'il devait compter quelque 4.000 centrifugeuses, tandis que d'autres experts avancent le chiffre de 6.700. Récemment, l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) a rapporté qu'une nouvelle installation, vraisemblablement destinée elle aussi à l'enrichissement de l'uranium, y avait été construite.
Quant au deuxième site connu, à Kangson, soit 40km au nord-ouest de Yongbyon, le quotidien américain Washington Post a rapporté, sur la base d'un rapport de la Defense Intelligence Agency (DIA) des Etats-Unis, qu'il abriterait 12.000 centrifugeuses, soit le double des capacités à Yongbyon. Pyongyang avait diffusé en septembre 2024 des photos montrant le dirigeant Kim Jong-un faisant une visite d'inspection dans une salle remplie de centrifugeuses, et l'AIEA ainsi que le Service national du renseignement (NIS) de Séoul ont confirmé qu'il s'agissait du site de Kangson.

AKP- Yonhap





