Séoul et Washington négocieront un pacte distinct pour les sous-marins à propulsion nucléaire
AKP Phnom Penh, le 24 décembre 2025—
La Corée du Sud et les Etats-Unis sont convenus de négocier un accord séparé pour collaborer sur le projet coréen d'acquisition de sous-marins à propulsion nucléaire, et les réunions de niveau opérationnel devraient commencer au début de l'année prochaine, a fait savoir ce vendredi le conseiller à la sécurité nationale Wi Sung-lac.
Wi a tenu ces propos après être rentré de son voyage d'une semaine qui l'a mené aux Etats-Unis, au Canada et au Japon. A Washington, il a notamment rencontré le secrétaire d'Etat américain Marco Rubio, qui sert également de conseiller à la sécurité nationale, ainsi que le secrétaire à l'Energie, Chris Wright.
Wi a expliqué qu'il a pu mener avec eux «consultations pratiques et approfondies» sur les accords de sécurité, notamment concernant le document que les deux parties ont publié conjointement le mois dernier, après l'entretien du président Lee Jae Myung avec son homologue américain Donald Trump qui s'est tenu fin octobre, en marge du sommet de la Coopération économique pour l'Asie-Pacifique (Apec) à Gyeongju.
«Nous partageons l'opinion selon laquelle un accord distinct sur la coopération en matière de sous-marins à propulsion nucléaire est nécessaire, et nous sommes convenus d'avancer sur ces discussions», a indiqué Wi à des journalistes.
Tandis que l'article 91 de la Loi américaine sur l'énergie atomique interdit le transfert de matériau ou technologie nucléaire pour l'usage militaire, Wi a indiqué que Séoul cherche à obtenir une exception, voire une exemption, des Etats-Unis avec la signature d'accord séparé sur les sous-marins nucléaires, ce qui permettrait au président américain d'autoriser de tels transferts. En vertu d'un accord nucléaire bilatéral avec les Etats-Unis, Séoul est interdit d'enrichir son propre uranium et doit importer tout son uranium faiblement enrichi.
L'Australie a pris une approche similaire, en signant un pacte avec Washington pour son programme de sous-marins à propulsion nucléaire dans le cadre du partenariat de sécurité AUKUS, un accord de coopération militaire tripartite formé par l'Australie, les Etats-Unis et le Royaume-Uni.
Concernant les discussions sur l'enrichissement d'uranium et le retraitement du combustible nucléaire usé, Wi a indiqué qu'il avait réaffirmé l'engagement de Séoul pour la non-prolifération des armes nucléaires. La Corée du Sud prévoit d'enrichir faiblement de l'uranium, à un taux inférieur à 20%, pour alimenter ses futurs sous-marins à propulsion nucléaire, a déclaré Wi, qui a insisté sur le fait que l'uranium hautement enrichi n'est pas envisagé.
Une délégation américaine de niveau de travail devrait se rendre en Corée du Sud au début de l'année prochaine pour tenir des consultations sur l'application des points de l'accord présentés dans le document conjoint, a-t-il ajouté. Estimant que l'approvisionnement en uranium est une question qui exige une «coopération stratégique», Wi a ajouté que Séoul et Washington se sont mis d'accord pour avancer rapidement sur ce dossier et examiner les progrès via des réunions de haut niveau dans le courant de l'année prochaine.
Durant son voyage aux Etats-Unis, Wi a également partagé son point de vue sur la situation sécuritaire sur la péninsule coréenne et discuté des moyens de reprendre le dialogue avec la Corée du Nord. Wi a dit avoir rencontré le secrétaire général des Nations unies (ONU), Antonio Guterres, à New York afin de discuter des moyens de promouvoir la paix et la stabilité sur la péninsule coréenne.
Concernant les perspectives d'un retour au dialogue avec Pyongyang, il a indiqué que Séoul continuerait de faire des efforts diplomatiques chaque fois que des opportunités se présenteront. Sa visite au Canada s'est focalisée sur le renforcement de la coopération dans la sécurité et la défense, notamment pour promouvoir les compétences coréennes en matière de construction navale en vue du programme canadien d'acquisition de 12 sous-marins de patrouille à propulsion diesel.
Durant son voyage au Japon, Wi a rencontré le ministre des Affaires étrangères, Toshimitsu Motegi, pour discuter du maintien des relations bilatérales et de la coordination des efforts pour la paix sur la péninsule coréenne. Ils se sont également mis d'accord sur les sujets qui seront à l'ordre du jour pour la prochaine rencontre entre Lee et la Première ministre japonaise Sanae Takaichi, en cours d'organisation, qui devrait avoir lieu au Japon le mois prochain.
A la question de savoir si les deux côtés ont discuté des revendications renouvelées du Japon sur les îlots de Dokdo, Wi est resté prudent, indiquant qu'ils s'étaient seulement convenus de la nécessité de développer davantage leur partenariat.


AKP-Yonhap





