Le président intérimaire bloque le lancement d'une enquête spéciale sur Yoon pour ingérence électorale
AKP Phnom Penh, le 14 mars 2025—
Le président par intérim Choi Sang-mok a demandé vendredi à l'Assemblée nationale de réexaminer un projet de loi adopté récemment, qui demande la nomination d'un procureur spécial pour enquêter sur des soupçons de trafic d'influence en lien avec des élections partielles en 2022 qui concernent également le président suspendu Yoon Suk Yeol.
Ce texte, qui avait été approuvé le 27 février par l'Assemblée nationale contrôlée par l'opposition, a pour objectif de lancer une enquête indépendante sur des allégations visant le directeur d'un institut de sondage, Myung Tae-kyun, un «intermédiaire politique», tel qu'il se présente lui-même, qui aurait reçu la somme de près de 76 millions de wons (52.300 dollars) d'une ancienne députée du parti au pouvoir, Kim Young-sun, pour figurer sur le ticket du parti lors des élections partielles de juin 2022.
Cette enquête s'intéresserait également aux liens supposés entre Myung et le couple présidentiel, Yoon et son épouse Kim Keon Hee étant suspectés d'avoir joué un rôle dans la nomination de Kim Young-sun en 2022 ainsi que lors des législatives de 2024. Myung aurait accompli sa part du marché en demandant à Yoon, à l'époque fraîchement élu à la présidence, de faire usage de son influence au sein du parti, car le président lui aurait dû une faveur pour les nombreux sondages d'opinion publiés par son institut durant la course présidentielle qui le plaçaient en position favorable. Myung tout comme Kim Young-sun sont actuellement sous le coup d'une inculpation.
«Cette loi spéciale permettrait d'enquêter sans la moindre limite sur toutes les primaires et élections qui se sont tenues entre 2021 et 2024, ainsi que sur l'ensemble des cas liés à d'importantes prises de décisions politiques et autres incidents identifiés au cours de l'enquête», a déclaré Choi lors d'une réunion extraordinaire du cabinet. «L'objectif et l'étendue de l'enquête sont excessivement vastes et indéfinis, ce qui fait craindre d'éventuelles atteintes aux principes constitutionnels de précision et de proportionnalité.»
«Lancer une enquête spéciale alors que l'investigation du Parquet est en train d'avancer à grande vitesse va à l'encontre de l'objectif du système (du procureur spécial)», a ajouté Choi.
C'était la huitième fois que Choi faisait usage de son droit de veto depuis qu'il a pris les fonctions de président par intérim suite à l'adoption d'une motion de destitution contre son prédécesseur, le Premier ministre Han Duck-soo, à la fin du mois de décembre dernier. Il s'était notamment opposé à une autre proposition de loi pour la nomination d'un procureur spécial en vue d'une enquête sur Yoon en lien avec le décret de la loi martiale.
Le Parti démocrate (PD), principale formation de l'opposition, a multiplié ses attaques contre Choi, l'accusant d'abuser de son droit de veto pour censurer tous les principaux textes déposés par le camp de l'opposition.
En cas de refus du président, un texte est automatiquement renvoyé à l'Assemblée nationale pour un deuxième examen, et seule une majorité qualifiée des deux tiers des députés présents peut permettre au texte de passer outre le veto présidentiel.
AKP- Yonhap





