Samdech Thipadei partage ses photos récemment découvertes des négociations frontalières Cambodge-Thaïlande en 2011
AKP Phnom Penh, le 02 mars 2025 --
Le Premier ministre cambodgien, Samdech Moha Borvor Thipadei Hun Manet, a partagé ses rares photographies du 19 février 2011, qui capturent un moment crucial dans les efforts diplomatiques pour désamorcer les affrontements armés entre le Cambodge et la Thaïlande.
Ces images, prises au poste frontière de Choam-Sragam dans la province cambodgienne d'Oddâr Meanchey, illustrent des négociations de haut niveau visant à garantir un cessez-le-feu entre les armées des deux nations, a-t-il dit sur ses réseaux sociaux ce matin.
A l'époque, a-t-il poursuivi, la délégation cambodgienne était dirigée par moi, en tant que commandant adjoint de l'armée de terre cambodgienne, aux côtés du général Chea Mon, alors commandant de la région militaire 4, et du général Srey Dek, commandant de la 3e division. La délégation thaïlandaise était dirigée par le chef d'état-major de l'armée thaïlandaise.
« Notre objectif était de mettre un terme aux hostilités qui avaient éclaté en 2008 près du Temple de Preah Vihear et qui s’étaient ensuite propagées aux Temples de Ta Moan et de Ta Krabei en 2011 », a ajouté le Premier ministre.
Il est important de préciser que les combats n’ont pas été initiés par l’armée ou le gouvernement de l’un ou l’autre pays. Ils ont plutôt été le résultat des actions d’une poignée de politiciens ultra-nationalistes thaïlandais. Sous prétexte de patriotisme, ils ont pénétré dans le territoire souverain du Cambodge et occupé Wat Keo Sekha Kirisvara, une pagode près du Temple de Preah Vihear, le 15 juillet 2008.
Ce qui a commencé comme une provocation localisée s’est rapidement transformé en une confrontation militaire prolongée, qui a duré plus de trois ans. Les affrontements ont fait des victimes des deux côtés et ont forcé des milliers de civils cambodgiens et thaïlandais à fuir leurs foyers. Les relations entre les deux nations ont considérablement souffert dans de nombreux secteurs.
Le conflit nous rappelle les dangers du nationalisme extrémiste et des actions politiques irresponsables. Il souligne la nécessité d’une diplomatie prudente et d’une prise de décision réfléchie pour éviter les confrontations violentes.
Les citoyens cambodgiens et thaïlandais ont le droit d’aimer leur pays et de défendre leur patrie. Cependant, nos deux nations sont voisines, liées par la géographie et l’histoire.
Les conflits frontaliers persistants, héritages du passé, doivent être résolus par des cadres techniques et juridiques, basés sur le droit international et les mécanismes bilatéraux établis. Ce n’est qu’en adoptant de telles approches que nous pourrons empêcher la récurrence de la violence comme celle observée entre 2008 et 2011.
« Je suis né après les guerres des années 1970 et j’étais encore un enfant pendant la guerre civile au Cambodge dans les années 1980 et au début des années 1990. Mais je crois fermement que les affrontements frontaliers de 2008 à 2011 n’étaient pas différents des conflits passés : ils n’ont apporté aucun avantage réel à l’une ou l’autre des parties », a déclaré Samdech Thipadei.
Ce sont les soldats en première ligne et leurs familles, ainsi que les civils pris entre les échanges de feux, qui ont véritablement souffert.
Les instigateurs de la violence, les politiciens ultra-nationalistes, n’étaient pas sur le champ de bataille. Lorsque les combats ont éclaté, ils étaient en sécurité, à des centaines de kilomètres de la zone de conflit.
« Cela devrait servir de leçon aux Cambodgiens et aux Thaïlandais : nous devons faire tout ce qui est en notre pouvoir pour que l’histoire ne se répète pas », a souligné le chef du gouvernement cambodgien.




Par C. Nika



